par
- El Che Amor/La Academia de Piatock - Le Che d'Amour/L'académie de Piatock
- Saudade
- Anthologie invisible - Antología invisible
- Le cœur et son nid de guêpes
- Une génération - Una generación
- La pura verdad - La pure vérité
- L'enfant en ruines - La maison, les ténèbres - Tiroir de papiers - Poésie portugaise
- El libro querido - Le livre aimé
- Una llama es América - C'est une flamme l'Amérique
- dibaxu debajo dessous
Poesía escrita en sefardi y en castellano y traducida al francés
Poésie écrite en sépharade et castillan et traduite en français
suivi de textes de Juan Gelman seguido de textos de Juan Gelman
Lo judío y la literatura en castellano/Le judaisme et la littérature en castillan
Universal y pluralista/Universel et pluraliste - Luria, el cabalista/Luria le kabbaliste
be(s/z)u une note sur dibaxu de Alex Verdolini
dibaxu, un portrait de Alejandro García Schnetzer.
Soy de origen judío, pero no sefardí, y supongo que eso tuvo algo que ver con el asunto. Pienso, sin embargo, que estos poemas sobre todo son la culminación o más bien el desemboque de Citas y Comentarios, dos libros que compuse en pleno exilio, en 1978 y 1979, y cuyos textos dialogan con el castellano del siglo XVI. Como si buscar el sustrato de ese castellano, sustrato a su vez del nuestro, hubiera sido mi obsesión. Como si la soledad extrema del exilio me empujara a buscar raíces en la lengua, las más profundas y exiliadas de la lengua. Yo tampoco me lo explico. El acceso a poemas como los de Clarisse Nikoïdski, novelista en francés y poeta en sefardí, desvelaron esa necesidad que en mí dormía, sorda, dispuesta a despertar. ¿Qué necesidad? ¿Por qué dormía? ¿Por qué sorda? Quizás este libro apenas sea una reflexión sobre el lenguaje desde su lugar más calcinado, la poesía.
Je suis d’origine juive, mais je ne suis pas séfarade, et je suppose que cela a eu quelque chose à voir. Mais je crois que ces poèmes sont surtout la culmination ou plutôt l’embouchure de Citas y Comentarios, deux livres que j’ai composés de 1978 à 1979, en plein exil, et dont les textes dialoguent avec le castillan du XVIe siècle. Comme une obsession pour chercher le substrat de ce castillan, qui est aussi substrat du nôtre. Comme si la solitude extrême de l’exil me poussait à chercher dans ma langue des racines les plus profondes, les plus exilées de ma langue. Moi-même, je ne me l’explique pas, non plus. L'accès à des poèmes comme ceux de Clarisse Nikoïdski, romancière en français et poète en séfarade, révélèrent ce besoin qui dormait en moi, sourdement, prêt à s’éveiller. Quel était ce besoin ? Pourquoi dormait-il ? Pourquoi sourdement ? Ce livre pourrait n’être qu’une réflexion sur le langage depuis sa région la plus calcinée, la poésie.
Juan GELMAN
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