L’atinoir – Edition / librairie

  • Carnet d’Amérique latine

    Carnet d'Amérique latine

        Enrique VILA-MATAS Histoire des premières phrases   Ce mois-ci, le grand écrivain barcelonais Enrique Vila-Matas prête sa plume virtuose, empreinte d'humour et d'ironie, au Carnet d'Amérique latine. "Histoire des premières phrases" est issu du Café Perec, la chronique qu'il tient dans le quotidien El País: curieux constat sur la ...

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  • Rencontre à L’atinoir

    Rencontre à L'atinoir

    Homenaje a Julio CORTÁZAR  Rencontre à L'atinoir avec Gregorio Manzur & Raquel Thiercelin Le 12 mai 2016 à 18h   L'atinoir accueille l'écrivain argentin Grégorio Manzur et la chercheuse Raquel Thiercelin pour un hommage à leur ami, Julio Cortázar. Gregorio Manzur, né en 1936 à Mendoza, en Argentine, vit ...

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  • L’atinoir y sera

    L'atinoir y sera

      L'antre des livres 2016 Festival de l'édition indépendante 4 et 5 juin 2016, Orange.   L'atinoir participe au festival de l'édition indépendante L'antre des livres, les 4 et 5 juin 2016 à l'Espace Daudet (Orange). Plus d'une quarantaine d'éditeurs et d'auteurs seront présents. Au programme: ...

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  • Le livre du mois

    Le livre du mois

        Merci Pablo Katchadjian (Argentine)   « Enfermé dans une cage en bois avec deux cents compagnons d’infortune, un esclave arrive dans une île. De belle constitution, il est rapidement acheté par Hannibal, un maître local. Ce dernier, assez libéral dans sa conception de leurs rapports, ...

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  • Le film du mois

    Le film du mois

      Les amants de Caracas (Desde allá) Lorenzo Vigas (Venezuela)   "Caracas, de nos jours. Armando, la cinquantaine, attire régulièrement des jeunes hommes chez lui. En échange d'une jolie somme d'argent, il leur demande de se déshabiller, mais refuse de les toucher. A la suite sa rencontre ...

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  • L’atinoir recommande

    L'atinoir recommande

      Qué viva la música Tous les lundis sur Radio Galère 15h-16h Une plongée dans les racines de la musique latino-américaine, un riche panorama des musiques du continent, des formes traditionnelles aux hybridations des genres, voilà l'invitation proposée, tous les lundis à partir de 15h, par Ernesto Concha ...

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  • Pripyat

    Pripyat

        L'atinoir publie sur son site un fragment de la nouvelle "Pripyat" de l'argentin Juan José Burzi. L'occasion d'un petit entretien avec l'auteur.   Lire l'extrait / Leer el fragmento     Tu avais dix ans lorsque la catastrophe de Tchernobyl a eu lieu. Quelle résonance l'événement a-t-il ...

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Les anges jouent des maracas est le premier texte que Paco Ignacio Taibo II m’a recommandé. Très vite, Jean-Pierre Sicre, fondateur et directeur de Phébus décidait de le publier. Injustement écarté de la vie littéraire française à laquelle il avait tant apporté, il n’aura pas le temps de le publier.

Un peu plus tard je décidai de créer L’atinoir. Une décision fortement influencée par deux autres écrivains et amis, Juan Hernández Luna et Sébastien Rutés, sans lesquels l’aventure n’aurait jamais commencé. Et Paco accepta d’en être le conseiller littéraire à la condition résolument libertaire d’être « assesseur mais jamais dictateur ».

Une des caractéristiques de cette action éditoriale tournée pour l’essentiel vers la littérature d’Amérique latine, est de présenter chaque livre avec une préface. Hors de tout éloge enthousiaste ou jugement catégorique pour inciter à l’achat, il s’agit de proposer une rencontre avec l’écrivain, d’annoncer l’argument, de suggérer l’intrigue, de situer le contexte historique, politique ou social, d’évoquer le style et de préciser l’intention de l’auteur pour que le lecteur puisse faire librement son choix en toute connaissance de cause.

L’atinoir n’a pas de « ligne éditoriale ». Dans les deux collections, L’atinoir pour la fiction et L’atineur pour l’essai, la richesse du texte, la pertinence et l’originalité du sujet sont les éléments principaux pour faire passer l’œuvre de l’auteur au lecteur. Et si des textes d’autres continents ont toutes ces valeurs réunies, ils seront accueillis.

Enfin, il faut dire qu’un atinoir n’existe pas. Créature née du hasard et d’une hybridation comme certains livres qu’il abrite, ce mot n’a pas été formé, malgré les apparences, à partir des substantifs latin et noir. Le verbe castillan « atinar » qui signifie quelque chose comme « viser juste » aurait pu apparaître inconsciemment dans l’une des nombreuses réflexions pour initier une première démarche littéraire : inventer un mot. Mais tout ceci pourrait n’être aussi que simple coïncidence, ce qui est toujours plausible lorsque l’on s’en remet à la pure invention de l’esprit et à l’inaliénable liberté de toute condition humaine.

 

 Jacques Aubergy

 


 

Les genres littéraires se redéfinissent par de multiples écritures et réécritures. Poussés jusqu’à leurs extrêmes ils en arrivent à faire exploser leurs propres limites. Au cours de ces dernières années, la littérature policière a connu un engouement dont elle a trop largement profité. Je me souviens que Manchette me disait pour dénoncer les excès de cette mode : « Nous sommes devenus trop respectables ».

Le regard subversif, qui, aux débuts du courant néo-polar, remettait en cause la loi et l’ordre, appelait à la rupture avec toute convention, à la recherche d’expérimentations formelles, à une richesse linguistique, à l’originalité des trames, s’est peu à peu détourné et fondu doucement dans la répétition. Nous mettions à nu des faits et des histoires, en les révélant, et aujourd’hui nous courons le risque de devenir de simples chroniqueurs. Mais atteint d’un optimisme pathologique, je continue à croire que la santé du roman est toujours éclatante et que les meilleurs livres n’ont pas encore été écrits.

Aujourd’hui, je me sens de plus en plus attiré, comme lecteur et écrivain, par les expériences qui mènent au roman total. Je veux aller à la rencontre du roman fleuve grossi par de multiples affluents, hybride parce qu’ouvert à tous les genres, né évidemment de toutes sortes de métissages, forcément baroque dans la structure narrative tout en faisant la part belle à l’anecdote et qui préfère à l’expérimentation du langage le canevas du couturier qui unit et assemble de son fil invisible. Un roman qui tout en conservant la tension du noir dont l’intrigue est le noyau, s’approprie le grand roman d’espionnage, le roman historique et le feuilleton avec ses milliers de trames souterraines. Il a la capacité de divulgation de la science-fiction et le souffle grandiose du roman d’aventures du XIXe siècle. Il sera bien sûr toujours charpenté par une proposition inédite, par le pouvoir de surprendre et par l’épaisseur de la construction des personnages.

Voilà exactement le roman que j’ai très envie de lire et d’écrire en ces temps d’incertitude et de doute. Est-ce la seule route ? Il faudrait être stupide pour affirmer cela. Tout jeune – et futur grand écrivain partant du plus profond de son âme –, a devant lui une immense autoroute à trente-six voies et autant de chemins et de possibilités pour le mener à Rome. Sans oublier que, s’il est important de faire tomber les mythes, il est plus important encore de savoir les réinventer.

 

Paco Ignacio Taibo II.

Conseiller littéraire de L’atinoir