L'atinoir – Edition / librairie

  • Concert à L’atinoir : Sambinha

    Concert à L'atinoir : Sambinha

        Sambinha   Concert à L'atinoir Samedi 26 novembre 2016 à 20h   Duo de guitaristes marseillais, Sambinha joue et improvise autour des chansons et danses populaires d’Amérique latine : choro, valse, samba, bossa-nova, baião, milonga, etc. Une partie de leur répertoire est également consacrée à ...

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  • Carnet d’Amérique latine: Julio Cortázar

    Carnet d'Amérique latine: Julio Cortázar

      Julio Cortázar Appendice aux escaliers / Más sobre escaleras   Julio Cortázar est né en 1914 à Bruxelles et mort en 1984 à Paris. Entre ces deux dates, il a beaucoup vécu, beaucoup écrit, des textes et des choses qu'il serait vain de ...

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  • Rencontre avec Juan José Burzi

    Rencontre avec Juan José Burzi

      Juan José Burzi Rencontres à L'atinoir Atelier d'écriture : mardi 8 novembre 2016 à 18h Rencontre-dédicace : jeudi 10 novembre 2016   Juan José Burzi compte parmi les auteurs les plus en vue de la nouvelle génération d'écrivains en Argentine. Grand spécialiste de la nouvelle ...

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  • Rencontre avec Ernesto Pérez Zúñiga

    Rencontre avec Ernesto Pérez Zúñiga

      Ernesto Pérez Zúñiga   Rencontre à L'atinoir Vendredi 25 novembre 2016 à 18h30   Il était écrit qu'Ernesto Pérez Zúñiga reviendrait à L'atinoir. Le grand écrivain espagnol, auteur de plusieurs recueils de poésie et du très célébré El juego del mono (2011) viendra pour une ...

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  • Rencontre avec Jonathan Ruiz

    Rencontre avec Jonathan Ruiz

      Jonathan Ruiz   Rencontre à L'atinoir Rencontre-lecture-dédicace : mercredi 23 novembre 2016 à 19h   Le poète mexicain Jonathan Ruiz sera à L'atinoir mercredi 23 novembre 2016 à 19h pour une rencontre-lecture-dédicace, en compagnie de son traducteur Laurent Bouisset. Il viendra nous présenter son premier recueil, ...

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  • Rencontre avec Alejandra Flores Tamayo

    Rencontre avec Alejandra Flores Tamayo

      Alejandra Flores Tamayo Conférence: Morirse para no ser olvidado, la muerte en Méjico Samedi 12 novembre 2016 à 18h L'atinoir recevra Alejandra Flores Tamayo, conceptrice de l'autel de morts qui ornemente la vitrine de la librairie depuis le 30 octobre 2016, pour une conférence ...

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  • Rencontre avec Pablo Nemirovsky

    Rencontre avec Pablo Nemirovsky

      Pablo Nemirovsky Rencontre à Book in Bar Samedi 3 décembre 2016 à 17h30   Pablo Nemirovsky est un artiste singulier. Musicien chevronné (fondateur et compositeur de la formation Tierra del Fuego, il a également joué avec le Cuarteto Cedrón), éminent palindromiste (en attestent les titres de ...

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Les anges jouent des maracas est le premier texte que Paco Ignacio Taibo II m’a recommandé. Très vite, Jean-Pierre Sicre, fondateur et directeur de Phébus décidait de le publier. Injustement écarté de la vie littéraire française à laquelle il avait tant apporté, il n’aura pas le temps de le publier.

Un peu plus tard je décidai de créer L’atinoir. Une décision fortement influencée par deux autres écrivains et amis, Juan Hernández Luna et Sébastien Rutés, sans lesquels l’aventure n’aurait jamais commencé. Et Paco accepta d’en être le conseiller littéraire à la condition résolument libertaire d’être « assesseur mais jamais dictateur ».

Une des caractéristiques de cette action éditoriale tournée pour l’essentiel vers la littérature d’Amérique latine, est de présenter chaque livre avec une préface. Hors de tout éloge enthousiaste ou jugement catégorique pour inciter à l’achat, il s’agit de proposer une rencontre avec l’écrivain, d’annoncer l’argument, de suggérer l’intrigue, de situer le contexte historique, politique ou social, d’évoquer le style et de préciser l’intention de l’auteur pour que le lecteur puisse faire librement son choix en toute connaissance de cause.

L’atinoir n’a pas de « ligne éditoriale ». Dans les deux collections, L’atinoir pour la fiction et L’atineur pour l’essai, la richesse du texte, la pertinence et l’originalité du sujet sont les éléments principaux pour faire passer l’œuvre de l’auteur au lecteur. Et si des textes d’autres continents ont toutes ces valeurs réunies, ils seront accueillis.

Enfin, il faut dire qu’un atinoir n’existe pas. Créature née du hasard et d’une hybridation comme certains livres qu’il abrite, ce mot n’a pas été formé, malgré les apparences, à partir des substantifs latin et noir. Le verbe castillan « atinar » qui signifie quelque chose comme « viser juste » aurait pu apparaître inconsciemment dans l’une des nombreuses réflexions pour initier une première démarche littéraire : inventer un mot. Mais tout ceci pourrait n’être aussi que simple coïncidence, ce qui est toujours plausible lorsque l’on s’en remet à la pure invention de l’esprit et à l’inaliénable liberté de toute condition humaine.

 

 Jacques Aubergy

 


 

Les genres littéraires se redéfinissent par de multiples écritures et réécritures. Poussés jusqu’à leurs extrêmes ils en arrivent à faire exploser leurs propres limites. Au cours de ces dernières années, la littérature policière a connu un engouement dont elle a trop largement profité. Je me souviens que Manchette me disait pour dénoncer les excès de cette mode : « Nous sommes devenus trop respectables ».

Le regard subversif, qui, aux débuts du courant néo-polar, remettait en cause la loi et l’ordre, appelait à la rupture avec toute convention, à la recherche d’expérimentations formelles, à une richesse linguistique, à l’originalité des trames, s’est peu à peu détourné et fondu doucement dans la répétition. Nous mettions à nu des faits et des histoires, en les révélant, et aujourd’hui nous courons le risque de devenir de simples chroniqueurs. Mais atteint d’un optimisme pathologique, je continue à croire que la santé du roman est toujours éclatante et que les meilleurs livres n’ont pas encore été écrits.

Aujourd’hui, je me sens de plus en plus attiré, comme lecteur et écrivain, par les expériences qui mènent au roman total. Je veux aller à la rencontre du roman fleuve grossi par de multiples affluents, hybride parce qu’ouvert à tous les genres, né évidemment de toutes sortes de métissages, forcément baroque dans la structure narrative tout en faisant la part belle à l’anecdote et qui préfère à l’expérimentation du langage le canevas du couturier qui unit et assemble de son fil invisible. Un roman qui tout en conservant la tension du noir dont l’intrigue est le noyau, s’approprie le grand roman d’espionnage, le roman historique et le feuilleton avec ses milliers de trames souterraines. Il a la capacité de divulgation de la science-fiction et le souffle grandiose du roman d’aventures du XIXe siècle. Il sera bien sûr toujours charpenté par une proposition inédite, par le pouvoir de surprendre et par l’épaisseur de la construction des personnages.

Voilà exactement le roman que j’ai très envie de lire et d’écrire en ces temps d’incertitude et de doute. Est-ce la seule route ? Il faudrait être stupide pour affirmer cela. Tout jeune – et futur grand écrivain partant du plus profond de son âme –, a devant lui une immense autoroute à trente-six voies et autant de chemins et de possibilités pour le mener à Rome. Sans oublier que, s’il est important de faire tomber les mythes, il est plus important encore de savoir les réinventer.

 

Paco Ignacio Taibo II.

Conseiller littéraire de L’atinoir