L'atinoir – Edition / librairie

  • Carnet d’Amérique latine : Sergio Ramírez

    Carnet d'Amérique latine : Sergio Ramírez

      Sergio Ramírez La petite fille et le jaguar / La muchacha y el jaguar   Saluons le grand écrivain et universitaire nicaraguayen Sergio RAMÍREZ qui se souvient d’une révolution perdue à laquelle il participa dans les rangs sandinistes, avant de devenir vice-président de ...

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  • Atelier d’écriture à L’atinoir

    Atelier d'écriture à L'atinoir

        Atelier d'écriture   Les traversées verticales Tous les mardis // 18h Librairie L'atinoir 4, rue Barbaroux - Marseille   L'atinoir a le plaisir de vous annoncer la création d'un atelier d'écriture hebdomadaire, le mardi à partir de 18h à la librairie. Les traversées verticales se placent sous le ...

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  • Prochaines parutions

    Prochaines parutions

      Dernier voyage à l'université Eduardo MONTEVERDE   Dans les contes d’Eduardo Monteverde ici réunis, on trouvera la démarche et les convictions d’un auteur, médecin et journaliste, qui a fait le choix de la littérature pour dénoncer les lâchetés, le cynisme et la férocité ...

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  • Concert à L’atinoir : Ol’ Daddy Blues

    Concert à L'atinoir : Ol' Daddy Blues

        Ol' Daddy Blues Concert de blues L'atinoir, vendredi 30 septembre 2016 à 20h30     L'atinoir reçoit le trio Ol' Daddy Blues pour une soirée spéciale dédiée au blues, le 30 septembre à 20h30.   Formé en 2007, ce trio de folk/blues acoustique réunit trois musiciens passionnés de blues et de musique ...

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  • L’atinoir y sera

    L'atinoir y sera

      Festival Biarritz Amérique latine 2016 Biarritz, 26 septembre - 2 octobre 2016     Comme chaque année, L'atinoir sera présent au Festival Biarritz Amérique latine. Jacques Aubergy animera, avec Philippe Lefait, les Rencontres Littéraires qui accueilleront cette année deux figures essentielles de la littérature latino-américaine : ...

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  • L’atinoir recommande

    L'atinoir recommande

      Alejandra Melín López Letras abiertas entre la montaña y el mar Casa Colorada, 8 - 25 septembre.   Vernissage le 8 septembre à partir de 18h   "Cette série de dessins et de toiles figure des paysages du dedans, des paysages entre la côte et la montagne, à ...

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  • Le livre du mois : Mes deux mondes, Sergio Chejfec

    Le livre du mois : Mes deux mondes, Sergio Chejfec

      Mes deux mondes Sergio Chejfec (Argentine)   "Je ne sais pas ce qu'il m'arriva. Ce comportement ou sentiment interprétatif m'envahit de telle sorte que, quand je distinguai au loin quelque promeneur préparant du maté, je recomposais immédiatement l'eau en train de se déverser, évidemment invisible pour moi à ...

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Les anges jouent des maracas est le premier texte que Paco Ignacio Taibo II m’a recommandé. Très vite, Jean-Pierre Sicre, fondateur et directeur de Phébus décidait de le publier. Injustement écarté de la vie littéraire française à laquelle il avait tant apporté, il n’aura pas le temps de le publier.

Un peu plus tard je décidai de créer L’atinoir. Une décision fortement influencée par deux autres écrivains et amis, Juan Hernández Luna et Sébastien Rutés, sans lesquels l’aventure n’aurait jamais commencé. Et Paco accepta d’en être le conseiller littéraire à la condition résolument libertaire d’être « assesseur mais jamais dictateur ».

Une des caractéristiques de cette action éditoriale tournée pour l’essentiel vers la littérature d’Amérique latine, est de présenter chaque livre avec une préface. Hors de tout éloge enthousiaste ou jugement catégorique pour inciter à l’achat, il s’agit de proposer une rencontre avec l’écrivain, d’annoncer l’argument, de suggérer l’intrigue, de situer le contexte historique, politique ou social, d’évoquer le style et de préciser l’intention de l’auteur pour que le lecteur puisse faire librement son choix en toute connaissance de cause.

L’atinoir n’a pas de « ligne éditoriale ». Dans les deux collections, L’atinoir pour la fiction et L’atineur pour l’essai, la richesse du texte, la pertinence et l’originalité du sujet sont les éléments principaux pour faire passer l’œuvre de l’auteur au lecteur. Et si des textes d’autres continents ont toutes ces valeurs réunies, ils seront accueillis.

Enfin, il faut dire qu’un atinoir n’existe pas. Créature née du hasard et d’une hybridation comme certains livres qu’il abrite, ce mot n’a pas été formé, malgré les apparences, à partir des substantifs latin et noir. Le verbe castillan « atinar » qui signifie quelque chose comme « viser juste » aurait pu apparaître inconsciemment dans l’une des nombreuses réflexions pour initier une première démarche littéraire : inventer un mot. Mais tout ceci pourrait n’être aussi que simple coïncidence, ce qui est toujours plausible lorsque l’on s’en remet à la pure invention de l’esprit et à l’inaliénable liberté de toute condition humaine.

 

 Jacques Aubergy

 


 

Les genres littéraires se redéfinissent par de multiples écritures et réécritures. Poussés jusqu’à leurs extrêmes ils en arrivent à faire exploser leurs propres limites. Au cours de ces dernières années, la littérature policière a connu un engouement dont elle a trop largement profité. Je me souviens que Manchette me disait pour dénoncer les excès de cette mode : « Nous sommes devenus trop respectables ».

Le regard subversif, qui, aux débuts du courant néo-polar, remettait en cause la loi et l’ordre, appelait à la rupture avec toute convention, à la recherche d’expérimentations formelles, à une richesse linguistique, à l’originalité des trames, s’est peu à peu détourné et fondu doucement dans la répétition. Nous mettions à nu des faits et des histoires, en les révélant, et aujourd’hui nous courons le risque de devenir de simples chroniqueurs. Mais atteint d’un optimisme pathologique, je continue à croire que la santé du roman est toujours éclatante et que les meilleurs livres n’ont pas encore été écrits.

Aujourd’hui, je me sens de plus en plus attiré, comme lecteur et écrivain, par les expériences qui mènent au roman total. Je veux aller à la rencontre du roman fleuve grossi par de multiples affluents, hybride parce qu’ouvert à tous les genres, né évidemment de toutes sortes de métissages, forcément baroque dans la structure narrative tout en faisant la part belle à l’anecdote et qui préfère à l’expérimentation du langage le canevas du couturier qui unit et assemble de son fil invisible. Un roman qui tout en conservant la tension du noir dont l’intrigue est le noyau, s’approprie le grand roman d’espionnage, le roman historique et le feuilleton avec ses milliers de trames souterraines. Il a la capacité de divulgation de la science-fiction et le souffle grandiose du roman d’aventures du XIXe siècle. Il sera bien sûr toujours charpenté par une proposition inédite, par le pouvoir de surprendre et par l’épaisseur de la construction des personnages.

Voilà exactement le roman que j’ai très envie de lire et d’écrire en ces temps d’incertitude et de doute. Est-ce la seule route ? Il faudrait être stupide pour affirmer cela. Tout jeune – et futur grand écrivain partant du plus profond de son âme –, a devant lui une immense autoroute à trente-six voies et autant de chemins et de possibilités pour le mener à Rome. Sans oublier que, s’il est important de faire tomber les mythes, il est plus important encore de savoir les réinventer.

 

Paco Ignacio Taibo II.

Conseiller littéraire de L’atinoir