Rencontre A� L’atinoir : Rodrigo FUENTES

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Rencontre à L'atinoir avec

Rodrigo Fuentes

Le 23 juin 2016 à 18h

 

 

L'atinoir accueille l'écrivain guatémaltèque Rodrigo Fuentes dans le cadre de la sortie de son livre Des animaux très sensibles. Contes du Guatemala. Ce dernier, une version amplifiée d'Amir et autres histoires, met en scène un monde hostile où les narrateurs se confrontent et résistent, le temps d'une bataille, à l'amoralité d'un pouvoir qui les écrase. Dès les premières lignes du recueil, tout son univers est déjà en place. En écrivant « Derrepente, Perla » ou « L'île d'Ubaldo », Rodrigo Fuentes réinvente un langage de la terre où le narrateur souffle aux oreilles d'un témoin/lecteur le vent d'une fragile mais irréductible sédition, le territoire secret du courage, là où rien ne se perd mais tout reste à défendre.

 

Né à Ciudad de Guatemala en 1984, Rodrigo Fuentes est écrivain et traducteur. Il est co-fondateur et éditeur de la revue Suelta www.sueltasuelta.es et des éditions électroniques Traviesa www.mastraviesa.com. En 2014, il remporte le IIe Prix centroaméricain Carátula de Cuento Breve, ainsi que le prix des Jeux Floraux de Quetzaltenango dans la catégorie conte.

 

 

 

Certains de ses contes ont paru dans les anthologies Asamblea PortátilMuestrario de narradores iberoamericanos (Casatomada), en 2009) Sólo Cuento III (UNAM) en 2011, Ni hermosa ni maldita (Alfaguara) en 2012 et Voces-30 : Nueva Narrativa Latinoamericana (Patagonia Ebooks,) en 2014. Dans l'anthologie bilingue L'Amérique centrale raconte (2015) (Centro América cuenta) publiée par L'atinoir, il est l'auteur de Derrepente, Perla.

En février 2016, L'atinoir avait publié le livre électronique Amir et autres histoires. Nous vous attendons nombreux pour sa venue, ponctuée de lectures et d'échanges.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Quand La Antorcha Justiciera est arrivée pour résister à toute cette violence, les gens parlaient déjà d’arrêter la grève et de reprendre le travail. Il fallait manger. Mais le bruit de la venue de La Antorcha a couru comme le feu en pleine zafra : on a commencé à entendre dire, ils sont vingt crasseux, peut-être plus, mais avec leurs torches, y en a assez pour venger toute une vie d’humiliations.

Des fantômes, voilà l’impression qu’ils donnaient. Fallait les voir courir de tous les côtés au milieu des cannes, ils apparaissaient avec leurs torches et disparaissaient en un rien de temps, en ne laissant que feu et désordre, ni plus ni moins. Les tueurs sortaient d’un côté du domaine et La Antorcha arrivait de l’autre : ils ont volé des engrais, ils ont bloqué des machines de l’exploitation, ils ont mis le feu aux faucheuses mécaniques. Ça a fait un beau paquet de pognon, ce qu’elle a perdu l’exploitation cette saison-là, entre tout ce qu’ils ont pris et tout ce qu’ils ont brûlé. Moi, j’avais su que c’était grâce à Derrepente. Ce chien avait deux ou trois amis chez les coupeurs de canne; je suppose que c’est comme ça qu’il a fini, lui aussi, dans le groupe de  La Antorcha Justiciera. Drôlement fidèle, il était Derrepente : fidèle à la paillasserie aussi, parce qu’il avait la pitrerie dans le sang. Il avait le poil cannelle, mais le matin je l’ai retrouvé avec le poil tout noir et couvert de boue du museau à la queue. Il n’y avait que ses dents blanches et son immense sourire qu’il me lançait, le gros plaisantin. Je l’appelais en criant, Derrepente, mais avant que je l’attrape il avait déjà filé dans les broussailles."

 

Extrait de "Derrepente, Perla"

Traduction: Jacques Aubergy (2016)

 

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Pays : Guatemala