No pasaran

Couverture pour NO PASARAN

Quʼest-ce que lʼengagement? Une bataille, une fête, un risque, une promesse…
À quel âge, en quelle saison, à quelle époque sʼengage-t-on? Envers qui ou quoi, et pour quoi le fait-on?
Lʼengagement dépend-il toujours de lʼindividu qui le fait? Défend-il une cause? Et puis, la sienne aussi, de cause?
Est-ce au nombre de rides quʼil se compte, au nombre dʼactions quʼil se vérifie, au nombre de mains quʼil tend?

Hommes, femmes, enfants : que dʼimages et de visages pourraient illustrer ces trois mots!
Nous avons entendu maintes histoires, visionné tant de films, lu périodiques et revues, rêver même…
On sʼengage aussi bien dans lʼarmée quʼà lʼéglise. À la mairie, sur lʼhonneur, en politique, pour la vie. Et à la mort aussi. LʼHistoire. Faire partie de lʼHistoire. En le sachant ou bien pas. Mêler la sienne à la grande, et se confronter à elle. Se dépasser, se réaliser, sʼimpliquer, sʼécrire.

«Jʼétais un jeune idéaliste et je voulais montrer que je pouvais aller au front

Alors des portraits. Hommes, femmes, pris dans leur lieu. On dirait plutôt lʼaprès-midi. Ça a parlé avant. Au moins deux heures. Ça se voit.
Ils savent quʼils sont photographiés. Et pourquoi ils le sont. Pas volés, pas usurpés : transmis. Certains dʼailleurs ne les verront jamais ces images, — leur proches peut-être — lʼœil est conscient, le corps présent, même à demi. Quelques indications sur leur vie. Oui, leur longue vie… À haute teneur de résistance. Et nous pouvons lire en quelques mots ce quʼils ont passé de temps à sʼengager pour la cause!
Ce sont des vaincus gagnants du temps. Debout, ils sont debout et bien vivant. Si la cause est perdue, le résistant ne lʼest pas. Le regrette-t-il, lʼengagement? Je ne crois pas.

« Ce qui mʼintéressait cʼétait la justice, être juste, être humain

Qui ne croit pas ne sʼengage guère. Ceux-là ont cru et se sont engagés. Ils ont fait la guerre. Résisté, combattu pour la liberté. Toujours elle…
Cʼest en Espagne que cela sʼest passé. Lorsque nous en étions, français, au Parti Populaire. Une autre terrible guerre se préparait. Eux, ils ont tout dʼabord lutté en Espagne. Lutter pour et dans lʼEspagne. Pour une liberté pour tous, incarnée par chacun, et chacun croyait alors quʼil combattait pour cette liberté. Jusquʼà encore lʼautre guerre, puisquʼils étaient déjà engagés, alors… et puis la même cause, au final…
Et après?

Après certains sont morts, dʼautres ont enfanté, puis dʼautres ont continué. Sans motif de guerre apparente. Mais avec mille raisons de poursuivre.
Comme si résister était devenu lʼessentiel, lʼurgence, la condition sine qua non dʼun avenir possible. Et meilleur?

Ces visages interrogent soudain mon engagement propre, mon idée du juste et les moyens que jʼengage pour la servir.
Comment lutter aujourdʼhui? Doit-on faire la guerre au monde en guerre? Eux derrière, ils en pensent quoi?

«Et sʼil était à refaire, je referai ce chemin. Je regrette le résultat mais pas lʼengagement»

Francis Blaise saisit ce qui ne peut entièrement sʼécrire quʼen plusieurs volumes. Il nous livre un instant. Quelques notes et un instant. Les clés nous les avons, il ne reste plus quʼà regarder. Trouver la porte dʼentrée et sʼasseoir, comme le photographe a dû le faire. Sʼasseoir et écouter. Puis saisir un seul instant. Celui qui se sera donné de lui-même. Et qui, pour soi, renverra à un monde, à une vie.

Astrid Cathala.

N.B : Les citations en italiques sont extraites des paroles de résistants.

de Francis Blaise

ISBN 686463626
Pays : France

Acheter en ligne : "No pasaran" - 12.00 euros